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s-ortie

 

en souffle court sur la pointe du dit amant les cheveux en taille douce s’amusent à effacer ton visage en courtes angoisses, juste assez pour me faire saisir le désespoir du sanstoi.

Ne pas se retourner.

Mes yeux, ou plutôt la pointe de mes yeux traverse mon crâne en crevant les sacs de ma pensée remplis de toi. Elle perce l’os d’un sifflement strident.

Ne pas se retourner.

Nul besoin je suis retournée. Retournée à la genèse de l’entre deux, dans le brouillon de moi, incomplète.  La nuit fait place au jour et j’avance en aveugle. Plus d’évidence, le sol si sur que je foulais avec toi se dérobe ou sont-se mes jambes qui chancellent sous le poids de mon corps devenu lourd? J’essaie désespérément de vider le vide, je coule, j’ouvre à gros sanglots les écoutilles devant l’assaut des vagues incessantes du déjà souvenir.

Vider, vider le vide, Sisyphe tu ne connais pas ta chance.

A petits pas glissés tu déplaces sans bruit ce qui n’est déjà plus que promesse de départ.Tes gestes ralentis imposent un temps d’arrêt, juste ce qu’il faut pour ne pas brusquer, juste ce qu’il faut pour ce faire à l’idée.

Ton corps désolé de causer tant de peine.

Petit matin blanc. S’arracher du litombeau. Se laver les os.

Sortir.

Cigarettes, journal pour la page mortuaire. Je suis étonnée de ne pas y être. Cafésoleil en terrasse. Les passants sourient. Cafécigarettes.

Rentrer.

Enfoncer la clé dans la serrure, couloir sombre . Escalier 1-2-3-4-5-6-7-8-9-10-11-12-13-14-15, je compte les marches.

Puis rester assise là.

le trait de la flèche  dans la violence du tir s’est brisé, laissant la pointe dans la chair meurtrie. Ne pas bouger, rester couchée là, surtout ne pas se retourner, elle pourrait causer une mort douloureuse. Etendue à terre, les secondes semblent des années lumière – celle d’avant l’attaque quand je parle lumière- aujourd’hui elle n’est plus. Mais pourquoi suis-je couchée? je remue juste ce qu’il faut pour ressentir encore du vivant. Ca fait mal, ne pas remuer plus. Les larmes ont un goût de sang et de sel, elles laissent des sillons tremblants comme de la gélatine, ridicule! le ventre est une chambre vidée de ses meubles, l’écho y est incroyablement amplifié et se dirige en un point sur le bas du ventre: le son strident et serré de la flèche. Excitation. L’entaille du sexe pareille à la blessure se substitue à la bouche incapable de dire. Se jouir dans ce qu’il reste de vivant.

Proie aujourd’hui, guerrier demain.

Hors du temps hors du sens, un trop plein de vide s’étale à l’infini. A l’un fini, amputée de l’autre un. Reste 0. un-un=zéro, absolu.  A-rythme/éthique  implacable.

Amour, un+un=un. Pauvre imbécile bercée par l’histoire qui  t’es contée. Compter pour l’autre un.

+

ce signe ne dessine t-il pas clairement ce qu’il est?  yeux ouverts ce  + dévoile enfin sa cruelle vérité. Ce trait qui barre l’autre. Ce trait qui barre l’1, celui qui est debout de celui qui est couché. Et ce point de rencontre,  un point cardinal ouvert à tout vent. Enfin planté dans la terre, un point final.

=

Il est vrai deux traits toujours à égale distance, la force de deux aimants qui se repoussent, ne se touchant jamais, espace vide nécessaire pour garder l’1tégrité. Mais si l’on regarde de plus près, nul égalité. L’un est couché à terre, l’autre déjà s’élevant vers l’ailleurs. L’un sur l’autre, nécessairement l’un sous l’autre.

Elle se reconnaîtra

Les jongleurs canadiens ils sont tout musclés de partout. Et le coeur qui est aussi un muscle soit dit en passant, il est beau, il est lisse et palpite très régulièrement. Mais il est dur aussi et ne sait pas voir la fille fragile toute coulante, toute molle fondre à ses pieds. Il pense « tiens, c’est quoi cette chose tremblante à mes pieds » et il passe à côté. Son coeur il sert plus qu’à faire des pompes, à tenir sur une jambe les bras en l’air, droit comme un I, le I de imbécile.

La lumière blafarde donne des coups de projecteur sur le désastre. Cendriers plein à craquer qui laisse échapper les mégots froids, paquets de cigarettes froissés, pot de yaourt à moitié consommé, papier toilette plié en mouchoirs improvisés, le champs de bataille (le chant de Bataille aussi, celui du coupable, je m’y plonge)

Le silence tout autour, immobile, à peine interrompu par quelques bruits de la rue. Incongrus. Il semble m’inviter à me glisser dans un sommeil infini. Les draps n’ont pas été changés depuis, l’oreiller garde le souvenir, le lit comme un tombeau ouvert, je m’y glisse et attend que le sable me ferme les yeux.

La lame du couteau a d’abord pénétré la chair, violemment. Le coup porté n’était pas prévisible. La lumière aveuglait, l’aveu est clair. Ca saigne beaucoup, en giclées, je m’y noie. Par moment la tête sort du maelström pour reprendre un peu l’air, rester vivant, surtout rester vivant. La souffrance est mienne, je veux être souffrance. Je suis en souffrance. Le poète ne disait-il pas « surtout ne me consolez pas » le poète a raison.  La chair meurtrie est déchirée. A force elle a séchée. Des minuscules lambeaux forment une macabre dentelle, sur les bords de la plaie. Et s’il arrive que les deux bords se rejoignent, la pointe du couteau vient d’un petit coup net et précis rompre ce début d’intégrité.

Position allongée. Je suis dans le plafond. Juste à droite un bout de toile d’araignée salie par la poussière dessine une ombre, un Y. Pubis schématisé. Sur le plâtre sont réapparus les vestiges des carreaux anciens. Rien ne peut se cacher. 17h23 à l’horloge encore à l’heure d’été  moins 10 mn. En avance le temps, prendre de l’avance sur le temps, le tuer même celui à venir. Se figer dans le temps perdu, celui de l’innocente croyance en l’éternité.

Connard-batard-enculé-pourriture-menteur-voleur-salop-assassin-petit – entends-tu ces jolis chants d’oiseaux mon amour?

 -alors?

-JE SUIS RAIDE DINGUE D’ELLE !

-ah, oui, c’est exactement ce qu’il fallait dire….raide et dingue.

la larme, assommée

premier matin sec malgré la pluie qui cogne à la vitre.

l’alarme à sonné

peine, peine,  peine, peine,  peine, peine,  peine, peine,  peine, peine,  peine, peine,  peine, peine,  peine, peine,  peine, peine,  peine, peine,  peine, peine,  peine, peine,  peine, peine,  peine, peine,  peine, peine,  peine, peine,  peine, peine, pine et pan!

noir désir dans les oreilles, au casque,

noirs désirs dans les tripes, putain c’est bon

un liquide clair et alcoolisé, sur fond de noir désir

là juste appuyée sur mes doigts, des plumes invisibles me tiennent les bras, j’écris, je crie, c’est pareil!

finir par manger ses doigts.

 

un délire? dé-lire une histoire toute faite (toute fête) une joie promise, peut être, je peux être

nous con-naissons depuis toujours, se sortir de ce con originel pour naitre, ou n’être tout simplement.

le son, j ‘écoute,  leçon de choses, on avance , l’aire du progrès, on avance, on avance un pied devant l’autre.

Un corps étranger dans le pied, tiens! un corps étranger à toi même (m’aime!), je prend le train, j’entre en gare, rendez-vous!

rendez, vomissez faites vous sortir, un pas puis un autre, on n’y va, on se va, valises. Trop lourdes, je les laisse à quai. Fouilles si tu veux, prends, jettes, vends, les yeux dans les poches, exorbités de tant de réalité.

Un signe, le ciel noir, éclairé par les nuages, le plus que parfait!

 

le sommeil m’a déserté et j’ai trouvé comme radeau « le coupable ». Suis ivre et comblée. George Bataille en moi

 

Les vertus apaisantes et réconciliantes ( re-con-si-liant) de soi à soi. Auto gestion du vide réussie

premier vrai rêve depuis l’aveu, premier vrai sommeil.

Je l’ai vu, belle comme un ange,  emplissant tout l’espace, lisse. Aussi lisse et froide que du marbre de carrare.

Pas de seins. Rien à donner. Pouvoir et puissance

Lui,  à ses côté lève les yeux pour la regarder, elle est si grande. la mange des yeux. Il veut parler mais rien ne sort, ses mots sortent de sa bouche à elle.

Panique.

Je fais du thé que je verse à leurs pieds.

nuit blanche, blanche, blanche

suis confondue

dans elle.

à l’écoute du moindre bruit, là quelqu’un qui partage ma nuit.

je ne suis plus seule

 

 

 

 

One Comment

  1. caro
    Posted 20 mars 2014 at 12:06 | #

    c’est très beau ….

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